Dimanche 6 janvier 2008

En Israël le chômage sévit et s’aggrave de jour en jour, l’aide sociale diminue faute de budgets et même l’éducation nationale est touchée. Alors que tous ces problèmes affectent Israël, Sharon dépense plusieurs centaines de millions de dollars pour construire des routes, des maisons et assurer la sécurité dans les territoires occupés en Palestine, pour seulement 235,000 colons. Ils obtiennent facilement des prêts subventionnés pour la construction de leurs logements, des subventions pour construire écoles et hôpitaux, et des forces armées en grand nombre sont mobilisées pour leur protection.

illegalsettlements2006.jpgCes dépenses exorbitantes justifient à elles seules la necessité necessité pour Israël de signer la paix. Mais l’évolution démographique palestinienne est un aussi un autre argument de poids. Les Palestiniens sont 3,2 millions dans les territoires, avec un taux de croissance annuel de 4.2 %, ceci grâce à une amélioration du taux de mortalité infantile qui a chuté de 70 pour mille à 20 pour mille. En Israël, 5,4 millions de Juifs cohabitent avec 1,3 millions d’Arabes. Ce qui veut dire que le nombre de Palestiniens, vivant entre la côte méditerranéenne et le Jourdain, approchera bientôt le nombre des Juifs. Vers 2020, les Juifs seront en minorité. Plus les Israéliens établiront des colonies, plus il sera difficile de diviser la Palestine en deux nations aux identités nationales distinctes. Les discussions sur la création de deux états ne serviront à plus rien.

Alors il ne restera que deux options : Un ghetto palestinien entouré d’une minorité juive armée jusqu'au dents, y faisant régner une discipline de fer, ou une nouvelle entité politique mixte, sans identité juive.

Israël doit se retirer des colonies de Palestine et permettre la création d’un État Palestinien totalement indépendant. C'est dans son intêret. Les sondages montrent clairement que la grande majorité des Israéliens l’ont compris. Quand est-ce que le gouvernement israëlien l'aura aussi compris ?


 

par Hassan Nasrallah
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Dimanche 6 janvier 2008

A la "guerre contre le terrorisme ", il faut opposer une action mondiale pour la démilitarisation complète du Moyen-Orient, en commençant par l’Etat qui mène ce bal dément et ne subit, lui, aucun embargo, ni aucune restriction.

Dés avant sa création, l’Etat d’Israël a été un facteur de désordre au Moyen-Orient et ses fondateurs n’ont pas hésité à recourir au terrorisme pour imposer sa présence au peuple palestinien. Le terrorisme était tellement fondateur qu’il fut le début de carrière de deux futurs premiers ministres : Begin et Shamir et de nombreux autres dirigeants.
Né dans la violence, l’Etat d’Israël a vécu et vit dans la violence. De 1948 à 2002, en 54 ans, Israël a été cinq fois en guerre avec les pays voisins et il est aujourd’hui dans le paroxysme d’une guerre avec un peuple sans Etat : le peuple palestinien.
Il ne s’agit pas d’une guerre civile qui opposerait des citoyens d’un même pays mais d’une guerre visant à l’élimination d’un territoire d’êtres humains n’ayant aucune existence juridique. De ce point de vue, les Palestiniens sont des "sans-papiers " mais à la différence de "nos " sans-papiers, ils ne viennent pas de l’extérieur, ils sont nés là, mais après avoir été colonisés par les Ottomans, puis les Anglais, ils ont - pour ceux qui n’ont pas été chassés- été colonisés par les Israéliens et n’ont depuis 1948 aucun droit civique, politique et social. La seconde différence, énorme, avec "nos " sans-papiers est qu’ils sont 3 millions dans un pays de 6 millions d’habitants. Imaginons une France avec 30 millions de sans-papiers !345592.jpg

La guerre est la structure fondatrice et dominante de l’Etat d’Israël. Israël est ainsi le seul pays au monde où il existe deux catégories de citoyens : ceux qui peuvent faire partie de l’armée et ceux qui ne peuvent pas, à savoir les Israéliens arabes.

Israël avec 1/1000 de la population mondiale, fait partie des 8 pays les plus dangereux du monde, ceux qui possèdent l’arme nucléaire (Etats-Unis, Russie, France, Grande-Bretagne, Chine, Inde et Pakistan). Ce pays détient autant d’armes nucléaires que la Chine et beaucoup plus que les deux nouveaux venus dans le club : Inde et Pakistan. Posséder l’arme atomique et nucléaire a été un objectif permanent de l’Etat d’Israël dès sa fondation. En 1956, la France, persuadée que la guerre d’Algérie est le résultat d’un complot arabe orchestré par Nasser, donne à Israël accès à la technologie militaire dite "civile " et permet la construction du premier réacteur à Dimona, dans le désert du Negev d’où sortira tout le plutonium nécessaire à la bombe. Quand la France prendra ses distances avec Israël, d’autres fournisseurs viendront complaisamment prendre sa place et les Etats-Unis, quand même un peu soucieux de la prolifération nucléaire, feront ceux qui ne s’aperçoivent de rien.
Bien qu’Israël ne fournisse jamais aucun chiffre officiel, il est admis que le pays possède environ 200 têtes nucléaires qui pourraient être portées par divers vecteurs. D’abord sous forme de bombes classiques, larguées par les F 16 fournis en abondance par les Etats-Unis et pour lesquels Israël est le premier client mondial (hors armée US). Ensuite, sous forme de missiles fabriqués sur place et tirés du sol. Le modèle Jéricho 1 développé dans les années 70 a été remplacé par le Jericho 2 qui peut atteindre tous les pays de la région, jusqu’à l’Iran. Enfin, sous forme de missiles type Popeye Turbo, tirés depuis un des trois sous-marins lance-engins type Doplhin 800 fabriqués en Allemagne dont l’un patrouille en permanence en Méditerranée, l’autre en Mer Rouge, le troisième pouvant remplacer à tout moment un des deux précédents.
L’Assemblée générale des Nations Unies a sur proposition de l’Egypte, adopté récemment une proposition de dénucléarisation du Moyen-Orient. Israël a voté contre. Bien sûr, aucun officiel israélien n’a jusqu’à ce jour parlé de frappe nucléaire préventive mais l’évolution dramatique du discours de Bush sur ce sujet peut laisser craindre un alignement immédiat de l’équipe Sharon sur cette position, si même, comme le pensent certains journalistes israéliens, ce n’est pas Sharon lui-même qui souffle sur ce feu.
En plus du nucléaire, il existe deux autres catégories d’armes de destruction de masse : les armes biologiques et les armes chimiques. Là encore aucune reconnaissance officielle de la détention de ce type d’armes par Israël n’existe, mais la complicité bienveillante des Etats-Unis, la concurrence industrielle internationale, la loi du profit, le haut niveau de développement technologique de l’industrie israélienne ne peuvent que conduire à la conclusion qu’Israël ne peut pas avoir laisser passer l’occasion d’être dans tous les domaines de l’armement le pays le plus avancé de la région. La plupart des organismes indépendants qui s’intéressent aux questions militaires aboutissent à cette conclusion.

Du point de vue de l’armée classique, Israël est également très puissant. L’armée de terre compte environ 100000 hommes auxquels il faut ajouter environ 500000 réservistes, entraînés et mobilisables en 3 jours. A l’échelle de la France, cela représenterait une armée de 1 million d’hommes et plus de 5 millions de réservistes prêts au combat. L’armée israélienne dispose de 4000 chars et de 11000 autres véhicules armés soit autant que les armées d’Egypte, de Jordanie et de Syrie réunies.
La supériorité aérienne, numérique et technologique, est également incontestable.
L’équipement en matière de détection, de communication sont également au plus haut niveau, là encore avec la complicité totale et permanente des Etats-Unis. En effet, bien qu’il existe dans ce pays une loi régissant le contrôle par le gouvernement de l’exportation des armements cette loi est violée en permanence pour Israël. De 1975 à 1995, le Congrès des Etats-Unis a examiné 17 cas de violation de cette loi, sur ces 17 cas, 7 concernaient Israël. Sans conséquence pratique.

Ce très haut niveau de militarisation pèse sur la société israélienne dans son ensemble. Poids économique d’abord qui n’est supportable par ce pays qui vit constamment au dessus de ses moyens reçoit des Etats-Unis (donc des contribuables) l’argent pour acheter les meilleures armes aux industriels des Etats-Unis qui dominent aujourd’hui ce marché mondial. Poids économique parce qu’Israël, 7° vendeur d’armes sur ce même marché mondial, nourrit indirectement la guerre sous d’autres cieux et fait dépendre l’existence de nombreux ouvriers et techniciens israéliens de cette activité.

Poids social et psychologique : l’état permanent de guerre ou de préparation à la guerre pèse sur les mentalités, rend presque inconcevable une autre vie que celle d’assiégé (le pays est assiégé, chaque colon installé sur les territoires palestiniens est un assiégé) engendre un rapport cynique et glacé à la mort.

Poids politique : l’état de guerre permanent entretenu par Israël et la menace d’invasion des voisins (Liban, Golan syrien) se répand dans toute la région et y facilite la perpétuation de régimes tyranniques ou dictatoriaux qui seuls peuvent continuer cette folle course à l’armement au détriment des besoins élémentaires de populations nombreuses.

Dans ce contexte, la conjonction idéologique Bush-Sharon, belliciste et raciste, est un péril pour l’humanité entière.

par Hassan Nasrallah
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Vendredi 4 janvier 2008
Voici un excellent documentaire  sur le  Hezbollah. Je le conseille vivement à ceux qui qui souhaitent en savoir plus sur le Hezbollah : )

















par Hassan Nasrallah
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Jeudi 3 janvier 2008
1177hezbollah-victory-rally.jpgPour le Président Bush, ils sont plus dangereux qu’Al-Qaeda. Pour l’opinion publique occidentale, ce sont des terroristes. Plus récemment, ils sont présentés comme des larbins de Damas et de Téhéran. Qu’est-ce qui cache derrière le « parti de Dieu » ?

Le
Hezbollah (Hizb Allah) (en arabe ‮حزب الله‬ ḥizbu-llāh, « Parti de Dieu ») fondé en juin 1982 est un mouvement politico-militaire qui fut créée en réaction à l'invasion israélienne au Liban en 1982. Financé principalement par l'Iran et  la Syrie.


En 1982, l’armée israélienne envahit le Liban, avec pour but de virer les Palestiniens réfugiés dans le Liban depuis la création de l’État d’Israël en 1948. L’Organisation pour la libération de la Palestine ne peut évidemment résister à l’armada israélienne appuyée mur à mur par l’administration américaine. Après l’évacuation des soldats de l’OLP, un horrible massacre est organisé contre des civils dans les camps de réfugiés palestiniens. Quelque temps après, le gouvernement libanais signe un  accord de paix  avec Israël qui organise l’occupation de toute la partie sud du pays. Le « Pétain » libanais s’appelle Amine Gémayel et il veut « collaborer ». Mais rapidement, des résistants combatent les occupants. Appelés à la rescousse, les Marines américains sont la cible d’un attentat-suicide qui tue plus de 200 Américains en 1983. Ils décident alors de quitter le Liban. À travers les évènements émerge un nouveau mouvement politico-militaire libanais, le Hezbollah (le parti de Dieu). Inspiré par la révolution iranienne et ancré dans la communauté chiite, le Hezbollah devient peu à peu le centre de gravité de la résistance contre l’occupation. Durant les années 90 ses capacités militaires mènent une guérilla contre l'armée israélienne qui se replie deux fois en 1982 et 1985. Les bombardements massifs contre les villes et villages libanais, l’exécution de civils et la torture largement pratiquée dans l’infâme prison de Khiam ne viennent pas à bout de cette résistance qui finit par apparaître pour la majorité des Libanais, et non seulement pour les chiites, comme légitime, nationale. En 2000, l'armée israëlienne se retire du sud du Liban: c’est la première et unique fois qu’Israël se voit infliger une telle défaite !acc-246.jpg

Comment expliquer cette victoire du David libanais sur le Goliath israélien ? L’explication simpliste et à la limite raciste proposée à Washington et Tel-Aviv nous parle de musulmans chiites fanatiques. Les combattants du Hezbollah sont pour la plupart fils des paysans et des petits artisans qui ont subi l’occupation pendant près de 25 ans et qui pour beaucoup ont abouti dans les banlieues pauvres de la capitale libanaise. Les activités sociales, éducatives et caritatives répondent aux besoins d’une grande partie des déshérités, grâce notamment au travail de Bina al-Jihad, qui fait beaucoup pour la reconstruction et la réhabilitation d’écoles, de cliniques et de maisons. Pendant les dernières années, des milliards de dollars ont afflué au Liban dans l’espoir de participer à la reconstruction de Beyrouth. Seul le Hezbollah pratiquement est resté actif dans les bidonvilles et les villages de l’intérieur. Lors des dernières élections législatives, neuf représentants d’Hezbollah ont été élus, un chiffre en dessous de sa popularité selon la plupart des observateurs.  A la suite du retrait israélien le Hezbollah s’est recentré sur le travail politique. La résistance militaire continue mais davantage comme une force de dissuasion contre d’éventuelles attaques israéliennes.

Depuis l’invasion de l’Irak l’élimination d’Hezbollah fait parti de la liste des priorités pour les Américains et Israéliens dans le but  d'effacer l’humiliation passée et pour briser la résistance libanaise et palestinienne. D’un point de vue stratégique, la soumission du Liban et de la Syrie compléterait le dispositif américain et israëlien dans la région. Mais ce rêve est encore loin de la réalité, surtout en constatant l'hécatombe irakienne. Pour  le Hezbollah et son allié(mais pas le subordonné), l'Iran, la stratégie actuelle est plutôt de calmer le jeu par crainte de provoquer une escalade militaire et pour des raisons politiques. Surtout au Liban, les gens en ont marre de la guerre. Tous les Libanais sont d’accord pour un retrait de l’armée syrienne, mais cela dépend des conditions du retrait de l'armée syrienne. Ce que Hezbollah et une grande partie des libanais craint c’est que le retrait précipité de la Syrie ne mène à de nouvelles confrontations et peut-être même à une autre guerre civile, surtout si des éléments « revenchistes » décident de remettre cela avec l’appui israélien. Dans ce contexte, on comprend la réticence par rapport à la résolution 1559 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui en plus d’exiger le retrait de la Syrie, demande le démantèlement des milices, ce qui vise implicitement Hezbollah. La logique de cet aspect de la résolution pourrait être perverse, compte tenu de la volatilité de la région et du sentiment très fort qui existe parmi les chiites que sans la protection militaire d’Hezbollah, ils seront encore une fois, comme en 1982, les victimes d’une pacification biaisée. Des personnalités de l’opposition libanaise, comme le leader druze Walid Joumblatt, le savent et veulent aussi éviter une dérive dont la grande majorité des Libanais pourrait être victime, d’où la recherche d’un compromis avec Hezbollah. Reste à voir le rôle que joueront dans cette crise les puissances extérieures, soit pour mettre de l’huile sur le feu et précipiter la confrontation, soit pour favoriser un accord politique et un véritable dialogue inter-libanais.

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par Hassan Nasrallah
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Jeudi 3 janvier 2008

Hassan Nasrallah (حسhassan-nasrallah.jpgن نصر الله) est un homme politique libanais, et le secrétaire général du parti chiite libanais Hezbollah depuis 1992.


Hassan Nasrallah est né le 31 août 1960 dans le quartier de Bourj-Hammoud, à Beyrouth-Est, non loin du port de Beyrouth. Il est l'ainé d'une famille de neuf enfants, sa famille n'était pas particulièrement religieuse et son père, Abdel Karim qui était épicier, était un nationaliste syrien. Il débute ses études théologiques seul, à l'école publique de Sin el-Fil, un quartier mixte à l’est de Beyrouth, ce qui lui permet de faire la connaissance de chrétiens libanais. En 1975, lorsque la guerre civile éclate au Liban, sa famille est obligée de retourner dans leur village d'origine, Bazourié, un village proche de la ville de Tyr au Liban-Sud. C'est là que Nasrallah décide de rejoindre le mouvement Amal ("Espoir"), une organisation chiite politique et paramilitaire représentant à l'époque les chiites au Liban.

Nasrallah étudie la théologie dans la ville de Nadjaf en Irak pour devenir un ecclésiastique chiite, et là-bas, le grand imam Mohammed Baker al-Sadr, fondateur du parti ad-Daawa, lui présente un étudiant libanais qui va lui servir de tuteur, c'est Abbas Moussaoui. À partir de 1978, Saddam Hussein intensifie sa répression à l'encontre des religieux chiites, c'est ainsi qu'il fait emprisonner des centaines d'étudiants en théologie. Nasrallah est donc contraint de revenir au Liban.

Il étudie et enseigne ensuite à l'école du cheikh Abbas Moussaoui, devenu dirigeant d'Amal. Il gravit tout doucement les échelons du parti, il représentait à l'époque le courant chiite libanais favorable aux idées de Khomeini. Il est tout d'abord élu comme délégué politique pour la Bekaa, faisant de lui un membre du bureau politique central. En 1982, après l'invasion israélienne du Liban, Moussaoui et Nasrallah quittent Amal pour fonder une nouvelle organisation chiite libanaise, le Hezbollah, soutenu par l'Iran. Il devient à l'âge de 22 ans l'un des fondateurs du Hezbollah, mais il ne fait pas encore partie du directoire suprême. Au Hezbollah, on lui donne la charge de la mobilisation, puis il devient responsable pour les régions de Baalbek et enfin de l'ensemble de la Bekaa.

Désireux de reprendre ses études en théologie, il part pour Qom en 1989. Mais il est obligé de revenir au Liban lorsque les troupes du Hezbollah et d’Amal se combattent entre elles.

Après l'assassinat par un missile israélien d'Abbas Moussaoui le 16 février 1992, Hassan Nasrallah est invité par l'Ayatollah Ali Khamenei et par le Conseil des sages du Hezbollah à reprendre la tête du parti ; l'Iran, est l'un des principaux soutiens de cette organisation chiite libanaise avec la Syrie.

Sous la conduite de Nasrallah, le Hezbollah devient un adversaire sérieux de l'armée israélienne au Sud-Liban. Avant son accession au poste de secrétaire-général, les combattants du Hezbollah menaient des attaques frontales, contre l'armée israélienne, laissant derrière eux des dizaines de morts. La stratégie du parti a changé sous l'impulsion de Nasrallah, les attaques sont devenues plus ciblées et plus efficaces. La mort de plus en plus régulière de soldats israéliens et les attaques contre la défense aérienne israélienne constituent un élément important dans la décision d'Israël de quitter le Liban. En conséquence, le retrait du Sud-Liban de l'armée israélienne est attribué par beaucoup au Hezbollah, un accomplissement perçu comme patriotique qui renforce considérablement la position de ce parti sur l'échiquier politique national.

Après le retrait israélien, Hassan Nasrallah réalise un échange complexe de prisonniers avec Israël, des centaines de Palestiniens et d'activistes du Hezbollah sont libérés et les corps de militants du Hezbollah sont rendus par Israël aux familles. La position du Hezbollah est le retrait complet d'Israël du Liban, incluant les fermes de Chebaa, position qui est soutenu par la Syrie et par le gouvernement libanais. Nasrallah appelle souvent à la "poursuite de la résistance" contre l'occupation israélienne au Liban. L'ONU a considéré en septembre 2005 que le retrait intégral d'Israël au Liban avait été respecté.

La libération du Liban Sud l'a consacré comme un héros pour beaucoup de libanais. Pour beaucoup, sa principale force tient de son esprit de synthèse du chiisme arabe et iranien, de l'islamisme et du nationalisme arabe, et du visage occidental du Liban et de son appartenance au monde arabe.

Nasrallah vit dans une maison au Sud de Beyrouth avec sa femme et ses trois enfants encore vivants : son aîné, Hadi, a été tué par l'armée israélienne au Liban sud à Jabal al-Rafei, en 1997. Il a déclaré dans une interview avoir lu une autobiographie d'Ariel Sharon et le livre de l'ancien premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, "Un endroit au soleil".

Nasrallah s'est fortement impliqué dans les événements qui ont suivi l'assassinat de l'ancien premier ministre libanais Rafiq Hariri, qualifiés de "Révolution du cèdre". En réaction aux manifestations populaires demandant le départ des troupes syriennes, Nasrallah a au contraire appelé les Libanais à manifester pour soutenir la Syrie, un des principaux alliés du Hezbollah avec l'Iran, et pour rejeter l'intervention de puissances étrangères au Liban. Le 6 février 2006, et après plusieurs mois de négociations entre le Courant Patriotique Libre et le Hezbollah, le général Michel Aoun rencontre Sayyed Hassan Nasrallah pour signer un document d'entente de 10 points concernant directement l'avenir du Liban. Les principaux points de ce document d'entente sont actuellement repris dans tous les accords du dialogue national libanais toujours en cours.

Enfin, Hassan Nasrallah déclare ne pas soutenir Al-Qaida qui, à ses yeux, défigure l'islam.  

par Hassan Nasrallah
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